14 janvier 1984, le paysage audiovisuel français voit apparaitre un OVNI, une émission entièrement dédiée à la culture HIP HOP vient de faire ses débuts sur TF1.

Animé par un fou furieux qui affublé de sa casquette et du nom d’une célèbre ville australienne, Sydney nous fait découvrir ce qu’est le Rap, le « Breakdance », le graff, le scratch et tous les éléments qui font la culture HIP HOP. Grâce à lui, tous les jeunes de l’époque vont trouver un nouveau terrain d’expression, il va ouvrir une fenêtre sur les Etats-Unis d’où nous viennent ses mouvements bizarres. Au son de Afrika Bambaata, Grand Master Flash, DMX, Herbie Handcock, LL Cool J ou Sugar Hill et KRS-One, ils nous montrent leur art, se déhanchent, vibrent, tournent et virevoltent. Mais d’où viennent toutes ces chorégraphies que nous offrent ces jeunes sur le plateau de TF1 ? D’après la légende, les premiers pas de danse que l’on pourrait affilier au hip hop auraient vu le jour à Brooklyn au début des années 70. Influencé par le « Break Beat » de DJ Kool Herc l’un des fondateurs du Rap. Cet interlude rythmé si particulier va ainsi permettre au B-Boys et girls de montrer sur la piste l’étendue de leurs talents. Les mouvements breakés viennent de différents horizons comme les danses africaines, la gymnastique, voire les arts martiaux. Extrêmement spectaculaire, le break va inspirer de nombreux scénaristes et réalisateurs. Nous aurons ainsi droit en 1983 au premier film sur ce thème « Break dancer », suivi de « Beat dancer » en 1984.

Ces films ne vont pas qu’influencer la danse de rue ou les codes vestimentaires de l’époque, ils vont aussi faire exploser les ventes de « sneakers » et changer la façon des marques de sport de placer leurs produits. En cassant les codes publicitaires, Nike et Puma vont à travers ces films pouvoir se positionner comme des marques tendance. La Puma Suede va y trouver son essor, la Nike blazer va trouver une nouvelle jeunesse après sa sortie en 1973. Bref, pour smurfer, il faut avoir un look et surtout chausser des sneakers. Les B-Boys du Bronx et de Brooklyn se défient dans des « battles » de danse où à travers des figures de plus en plus spectaculaires ils doivent gagner les faveurs de la foule pour remporter le duel. Des groupes vont se former et ainsi les battles de danse remplaceront les violences urbaines des quartiers new yorkais. Le mouvement hip hop souhaité par Afrika Bambaataa et la Zulu Nation a un but non-violent avant tout.  Le breaking n’est pas la seule figure de style de la danse hip hop, le locking hérité des fameux soul train des années 60/70, le popping dont certaines figurent sont inspirées du mime Marceau. Arrive ensuite la danse du robot, popularisée par Michael Jasckson himself, puis au fil des années le C Walk de la west coast et le Crunk, popularisé par Lil Jon.

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La danse hip hop est donc née dans la rue et y a trouvé son terrain d’expression. La sneaker était donc l’élément parfait et vital pour pouvoir s’exprimer. Impossible donc de s’en passer. Les marques profitant de l’aubaine pour proposer des modèles adaptés. L’Adidas Superstar est l’une des chaussures préférées des lockeurs et autres poppeurs tout comme les Air Force One, mais le modèles phare des b-boys parisiens des années 80 restent la cultissime Adidas Americana High. Aux Etats Unis la guerre commerciale à lieu entre les 4 monstres de l’époque, Nike, Puma, Adidas et Converse. Chaque MC, chaque Crew à sa marque ou son modèle favori. Puma Suede contre Adidas campus, Americana contre Air Force One. Chacun y trouve son bonheur, la danse devenant un moteur pour l’expansion de la « sneaker attitude ». Ce n’est pas un hasard si la danse se retrouve aujourd’hui sur scène après avoir usé ses baskets dans la rue.

 

Nota Bene : Le « Smurf » est une exception franco-allemande. En France cela est due au titre d’un reportage sur le « breaking » où le mot smurf (qui est le nom anglais des Schtroumpfs) apparaît en bas de l’écran. Pour l’Allemagne le nom est une déformation du mot chaussette, car les « breakers » les portaient hautes sur leur jogging.