Ce matin, en me réveillant ma première pensée fut de savoir quel jour nous étions. Bah oui c’est pour bientôt. Et en voyant la date, je me suis demandé ce qu’il avait bien pu se passer dans l’histoire ce jour-là. Bon ok on le sait tous le 4 juillet, c’est « Independence Day », non, pas le jour de la sortie du film. Là, je parle du jour de la déclaration d’indépendance qui verra les 13 colonies américaines se séparer de la couronne d’Angleterre. Mais j’y reviendrai, car je me suis aperçu que le 4 juillet c’est aussi le jour de la mort de Marie Curie. Ce fut l’une des femmes les plus brillantes de son époque. La première à obtenir le prix Nobel et qui a permis des avancées significatives en chimie. C’est également le jour de la mort de Chateaubriand dont les Mémoires d’outre-tombe ont bercé mon enfance. Que dire du 4 juillet 2009, où l’ancien président de l’OM, Robert Louis Dreyfus quitta les siens. Ceux qui me connaissent, savent pourquoi c’est aussi important à mes yeux. Un évènement particulier a retenu mon attention sur ce jour si particulier pour les Etats Unis, l’anniversaire de la fin du génocide au Rwanda. Pays où on a pu toucher du doigt ce que le découpage sans vergogne de l’Afrique a pu engendrer comme situation incongrue et incontrôlable. Je pourrais continuer des heures, parler de la condamnation de Klaus Barbie, ancien de la Gestapo en France ou de la naissance d’Henri Leconte. Oui Leconte, le pendant de Yannick Noah. Non ce n’est pas un chanteur, mais un ancien tennisman. Et j’en reviens aux envies de liberté de la jeune colonie britannique des Amériques, ce jour fut l’acte fondateur de ce nouveau pays. L’acte originel sur lequel s’appuie encore aujourd’hui toutes les icones de ce pays.
Tout ça pour dire que le 4 juillet finalement, ce n’est pas que « Independence Day ». C’est également un chef d’œuvre d’Oliver Stone (né un 4 juillet) remettant en cause certaines valeurs patriotiques nées durant la guerre du Vietnam et qui ont perduré durant les années 70 et 80. Ce rapport est si fort qu’un simple genou au sol lors du « Sprangle banner » peut provoquer encore plus d’effervescence et d’hystérie que le super bowl. Comme je l’ai déjà raconté, mon rapport aux USA a influencé ma passion pour le basketball, qui lui-même a engendré mon amour pour la « sneaker ». Certes, tout comme Rome, cela ne s’est pas fait en un jour. Je ne me suis pas réveillé un matin en m’érigeant en apôtre de la basket, la déesse des parquets et des rues. Non, il a fallu me rendre compte qu’on pouvait accumuler des paires sans passer pour un malade. Qu’on pouvait aimer porter ses « sneakers » partout, sans pour autant être bizarre. Aux Etats unis la basket est tellement puissante qu’il existe désormais un « sneaker effect ». Une tendance qui veut que dans les magasins de luxe les vendeurs chouchoutent tout porteur de « sneakers ». La basket comme échelle de valeurs, plus ta basket est rare plus tu sembles riche. Il est vrai que la chaussure en générale et la basket en particulier modifie fortement le regard que les gens portent sur vous. Des études de sociologie ont même été effectuées de manière très poussée sur le sujet. Notamment, l’influence d’une sneaker propre et blanche sur la gente féminine. A lire assurément.
Bien sûr, la culture hip hop, la danse de rue, « l’American way of life », le « Street wear » et l’avènement du « casual » sont autant d’influences pour un « sneaker addict » comme moi et ont changé ma vie. Alors oui pour Monsieur tout le monde, acheter plus d’une paire de baskets dans l’année c’est déjà tout un concept. Alors en acheter 2 en un mois, voire 3 ou 4 le même jour doit en surprendre plus d’un, je le concède. J’ai appris surtout qu’être « sneaker addict » ce n’est pas juste faire des « camp out » pour acquérir la dernière petite merveille de sa marque préférée. Ce n’est pas couvrir tous les sites de baskets à la recherche de la paire qu’il manque à ta collection pour qu’elle soit parfaite, un peu comme ces gamins qui chassaient virtuellement le pokémon pour les attraper tous. Ce n’est pas sortir avec une paire immaculée et garder dans son sac un paquet de lingettes que tu es prêt à dégainer à la moindre salissure. Ce n’est pas cet enfant incompris dont les parents n’ont pas souhaité satisfaire la dernière lubie à 900 francs. Ce n’est pas cet homme qui cache l’arrivée d’une nouvelle paire à sa compagne, de peur de se faire gronder. Ce n’est pas ce quadra qui se remémore ses frustrations d’ado, ses aventures de jeune homme ou ses plaisirs d’adulte. Là je parle de « sneaker » et uniquement de « sneaker ». Ce n’est pas ce junky patenté qui semble en état de manque parce que sa dernière paire achetée date de janvier et qu’il reçoit des infos sur les prochaines sorties à venir. Ce n’est pas non plus cet hystérique qui perd la raison à la vue d’un modèle collector qu’il n’a pas pu acquérir mais qui traine négligemment aux pieds d’un mécréant. Ce n’est pas plus cet ayatollah qui hurle à la mort et anathématise à la ronde parce que sa collègue à juger qu’après tout pourquoi tant de cris pour « juste une paire de tennis », quand ce dernier s’est agenouillé devant les Stan Smith uniques et personnalisées de sa voisine. Ce n’est surtout pas ce psychorigide prêt à dépenser des sommes folles chez un revendeur, juste pour avoir cette paire de Jordan 1 « top three » ou « black toe », qu’il n’a pu s’offrir à sa sortie. Nonpour moi un sneaker addict, c’est un mélange de tout ça et plus encore, assaisonné d’une pointe de passion, d’une cuillère de dérision, d’une pincée de patience le tout agrémenté d’un soupçon de folie pure.
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