En me rendant à mon bureau, je croise une de mes collègues dans les couloirs. Ça tombe bien, je l’apprécie, du coup je lui claque la bise et lui demande de ses nouvelles. Normal, me diriez-vous, on n’est pas des sauvages non plus, hein ? Donc, la voilà qui me raconte un peu sa matinée, mais je vois bien que quelque chose la tracasse. Ni une, ni deux la voici qui prend son courage à deux mains et qui me demande … c’est quoi un sneaker addict ? Aïe la question qui tue. Ma femme vous dirait que c’est la dernière chose à faire … Quoi ? Bah demander à un dingue de basket ce qu’est un dingue de basket. Du coup, je n’ai pas pu m’en empêcher et j’ai répondu. Du moins, j’ai tenté de lui faire découvrir ma passion. Tout d’abord j’ai dû lui faire comprendre une chose primordiale. Oui parce que cette question, on ne se la pose pas souvent : Est-ce qu’on nait sneaker addict ou on est sneaker addict ? Mais c’est bien sûr : « être ou ne pas être, telle est la question ». Non, pour moi on ne l’est pas, on le devient. La perspective s’en trouve bouleversée, car si on ne nait pas comme ça c’est qu’il y a forcément quelque chose qui a fait que … oui un élément déclencheur. Souvenez-vous de vos cours de science … le fameux « stimulus ». C’est lui qui va provoquer un certain comportement face à la chose désirée. Attention, je ne prétends pas détenir la vérité sur ce qu’est un « sneaker addict », d’ailleurs d’autres si sont essayés et parfois mieux que moi.

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D’ailleurs, j’ai lu récemment quelque part sur le net un « excellent » article qui parlait non pas « du » mais « des » sneakers addict, car nous sommes plusieurs. Non, pas dans ma tête, quoique parfois je me pose la question, mais bon revenons à mes congénères. En effet, il y a plusieurs types et morphotypes d’individus. On peut d’ailleurs tous l’être, pour le savoir il suffit de regarder dans vos placards à chaussures ou dans celui de vos conjoints ou gamins.  Ce n’est pas une maladie, mais apparemment ça se propage aussi rapidement. Bref, tout dépend de votre histoire avec les baskets ou les chaussures en générale. Donc, me voici plonger dans cet article et je découvre qu’en fait je serais un « grand gamin frustré, nihiliste frimeur qui en plus d’être un acheteur compulsif serait doublé d’un mouton et d’un âne éternellement incompris et de surcroit malins ». Ah j’oubliais, je serais quand même un épicurien, c’est le seul point positif que j’ai relevé. « Je vous invite à aller le lire c’est assez drôle ». Pour le coup, je n’ai pas soumis cette analyse à ma collègue, j’ai préféré lui expliquer que j’avais été enlevé puis élevé par un moine Shaolin qui n’avait pas de chaussures et que cela m’avait marqué à vie. Evidemment, elle a bien compris que mon amour immodéré pour le basket, Jordan, la NBA, ajouté à mon enfance antillaise, plus ma vie de vendeur et journaliste sportif éphémère, ainsi que les nombreuses rééditions de mes marques préférées ont provoqué un tsunami cérébral me transformant en véritable accro. Gentil accro, certes … mais accro quand même.

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En même temps, nous vivons une époque faste pour les passionnés que nous sommes, que celui qui n’a pas une paire de sneaker dans son placard me jette la 1ere pierre. En effet, tout le monde est en puissance un amateur de basket. La sneaker (terminologie qui vient du verbe to Sneak qui veut dire se faufiler) et qui veut dire tout simplement « la basket » en anglais, a déboulé en Europe comme une vague géante. Nous ne faisons que surfer cette dernière en tentant d’insuffler à tous l’esprit sneaker. La « sneaker » a juste quitté les stades pour envahir nos rues. De simple moyen de locomotion elle est devenue un mouvement, un mode de vie et draine derrière elle, tout un pan culturel parfois inconnu du grand public. La basket se fait chic, parfois choc et inspire les icones de la mode, de la musique, du cinéma, voire nos politiques. Des eighties aux années 2020, elle traverse le temps, profitant d’un brassage multiculturel, urbain et populaire. J’ai finalement convaincu ma collègue que ce n’était pas forcément grave comme pathologie, mais je suis quand même allé faire un tour dans mon placard en rentrant. Finalement, je crois qu’il va falloir consulter, car j’y ai trouvé 5 paires de Jordan 11. « Bonjour, je suis sneaker addict et je ne me soigne toujours pas. »