(…) Ça c’est pour l’ancêtre de la basket, l’autre tournant a été l’arrivée au début des années 70 de Phil Knight et de sa chaussure de running. Cette dernière fut créée juste pour équiper les joggers et surfer sur la vague du jogging. Nike était né. De l’autre côté de l’Atlantique, Adi Dassler s’échine à trouver une chaussure efficace et confortable pour la pratique du football. Adidas aussi est lancé. Ok, ok je ne vais pas vous faire l’origine de toutes les marques, mais savoir comment les deux poids lourds du marché mondial de la sneaker ont commencé l’aventure me semblait judicieux. Mais n’oublions ce pourquoi nous sommes ici réunis.

Nous voici donc à la fin des « seventies » et au début des années 80, dans les soirées …. « Stan Smith au pied, le regard froid » on écoutait en boucle Grand Master Flash, Afrika Bombatta, Run DMC, EPMD, NWA, LL COOL J, les beastie et Public Ennemy number one. Les premiers clips inondaient nos écrans et une chose nous frappait : La dédaigne de ses zouaves hurlant leur message sur des boites à rythme et des remix de soul ou funk. Ils portaient tous une sorte d’uniforme du parfait B Boy, Kangol sur la tête, survêtement aux trois bandes, grosse chaine en or qui brille et …. La sneaker aux pattes.

La révolution est en marche et la basket n’est plus dévolue qu’à la seule pratique d’un sport. Elle arpente, désormais les rues de NYC et nous, bah on a juste qu’une envie ; c’est d’avoir nous aussi notre paire de Ilie Nastase, Stan Smith, ou une Kareem Abdul Jabbar, voire une Gazelle ou une Superstar pour breaker en soirée. Qui sont ceux de ma génération qui n’ont pas rêvé de porter les Adidas Run DMC ou les Cortez de Starsky ? Quoi de mieux qu’une paire de Air Force One pour imiter Sydney ? Oui, la basket est devenue objet de désir, en même temps que l’avènement du Hip hop. Elle fait partie intégrante du mouvement au même titre que le graff, la danse ou la musique.  L’apparition de la chaussure de sport en dehors des stades ou des gymnases, n’est que la conséquence de cette ascension, de toute cette hype générée par nos nouvelles idoles. Les quadras savent de quoi je parle.

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My Adidas and me, close as can be
We make a mean team, my Adidas and me
We get around together, rhyme forever
and we won’t be mad when worn in bad weather
My Adidas..
My Adidas..
My Adidas

Me voilà tentant désespérément de tourner sur la tête, Adidas en l’air, idolâtrant des icônes rap, qui pour mieux échapper à la police ou juste se sentir cool chaussaient des pompes de sport. Et puis, j’ai pris une claque. Un extraterrestre soudain a fait son entrée en NBA. En 1984, ce Shooteur émérite, tout frais champion NCAA avec UNC, gamin de la Caroline du Nord débarque dans la grande ligue nord-américaine de basket. Son patronyme ? Michael Jordan.  Le futur de la ligue dominée jusque-là par Converse et ses deux têtes de gondoles que sont Ervin « Magic » Johnson des LA Lakers et Larry « Legend » Bird des Boston Celtics. Un noir au style bien groovy et au sourire assassin et un blanc stoïque et droit comme un « i », bouseux venu de l’Indiana. C’est deux là, amis dans la vie mais ennemis sur le terrain depuis l’Université, faisait la loi avant que le caïd de Chicago ne débarque avec ses mouvements improbables et son hangtime.