Tout a commencé par d’un banal pari. En vacances en Métropole, dans une maison de la lointaine banlieue parisienne. Vous savez, ces pavillons d’un étage aux toitures marrons perdus au milieu des champs de blé. Mais si, la maison de monsieur tout le monde avec quelques fleurs dans l’allée et un jardin tout en longueur derrière. Ma tante devait en avoir marre de me voir feuilleter les pages de son catalogue La Redoute. Toujours sur les mêmes pages. Celles des sneakers. Les Jordan 6 venaient tout juste de sortir et elles étaient là à me narguer à longueur de journée. Bon elle devait aussi en avoir marre de m’entendre me plaindre, puis aller dribbler avec mon ballon de basket dans son allée en béton. A force, ça gonfle. Me voilà donc challengé par tantine, qui me propose de tondre sa pelouse contre de la menue monnaie. Oh pas non plus le Pérou, mais juste de quoi se payer mon rêve. Et me voici face à 10m² de pelouse avec des herbes folles d’1m. Ce n’était pas un jardin, c’était la jungle. Deux jours à couper, suer et ramasser tout et n’importe quoi. J’ai détesté cette tondeuse pourrie. « Jordan m’a tuer ». Mais quel bonheur de sortir du Décathlon du coin en possession du Graal. Et dire que cette paire légendaire a fini usée et défoncée sur un « playground » antillais. Un modèle qui vaut aujourd’hui entre 400 et 500€. Quel gâchis !

Chicago 1991, « Finals Game two ». LA Lakers vs Chicago Bulls. Encore une fois, Michael Jordan est en possession de la balle face à James Worthy. Il part en drive et attaque le cercle. Soudain la finale bascule. L’icône des Bulls suspend le temps et prend son envol. Il reste une éternité en l’air. Change 3 fois de position, le ballon dans une main puis dans l’autre. Dans un véritable tour de passe/passe, on ne sait comment la balle finie sa course dans le panier. Rugissement assourdissant de la foule. Certains se prennent la tête entre les mains. Les commentateurs n’ont pas de mots assez forts. Derrière nos écrans on n’en croit nos yeux. The move. MJ ce n’est plus que 2 lettres accolées à une basket. Ce n’est plus qu’une image les jambes écartées. C’est à cet instant précis de la magie, mélangé à de l’intangible. Ces « Finals 91 » vont propulser Jordan dans la légende et valider par la même occasion ses coups d’éclats précédents. Le shoot décisif en Finale NCAA, ses 63 points en Play Off face à Larry Bird et consorts, sa bravoure et son opiniâtreté face aux Pistons d’Isiah Thomas et Joe Dumars. Jordan devient quelques jours plus tard champion NBA et MVP des « Finals ». Le numéro 23 brille au firmament et permet pour la première fois en 5 tentatives à la Windy city de battre enfin la cité des Anges.

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