Ma femme trouve que j’ai beaucoup de défauts, Dieu merci, elle s’en accommode parfaitement. En même temps, elle ne m’aurait pas épousé… Quoique ?

 

Enfin, des défauts, tout le monde en a, moi je trouve que certains sont plutôt des qualités. Il y en a un que j’apprécie particulièrement. C’est l’observation. J’adore rester des heures en terrasse dans les quartiers de Paris à observer les gens. Je trouve ça hyper intéressant. C’est fou tous les tics et trucs que peuvent avoir les passants qui passent.

Ma femme trouve ça un brin bizarre, moi ça me fait vachement marrer quand même. Ce que je regarde en premier chez les gens, ce sont leurs chaussures … et particulièrement leurs baskets. Vous me direz que pour un « sneaker addict » quoi de plus normal ? En tant qu’ancien vendeur sportif, je peux vous dire que j’ai vendu pas mal de baskets, certaines étaient vilaines et d’autres franchement horribles. (Mais j’y reviendrais, un jour.) Dans la rue, on fait vraiment de drôles de rencontres. Certes, en matière de goût il y en a pour toutes les bourses et toutes les envies, mais franchement il y a des combinaisons à ne surtout pas montrer en public. Autant je trouve certains modèles très moches (si, quand même il y a des paires de sneakers qu’il faut brûler, il faudra un jour que nous en parlions) ; autant je trouve chez certains passants un réel talent pour associer leurs vêtements avec leurs baskets. L’hiver c’est plus compliqué de s’en rendre compte, car les manteaux, souvent sombres et unis cachent les vêtements. Dès le printemps, à Paris c’est un festival qui défile dans nos rues sans discontinuer. C’en est parfois carnavalesque. Si, si, je vous assure. C’est digne d’un carnaval antillais haut en couleurs.

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Je ne parlerais pas de mauvais goût, non, comme je l’ai déjà mentionné, qui sommes-nous pour juger, plus de faute de style, car mettre des vêtements de couleurs, avec des baskets déjà bien colorées … ça pique la rétine quand même. Je ne parlerais pas des chaussettes à bandes vertes et jaunes associées à des running Asics fluo bleus. Vous voyez le genre ? Rajoutez-y une salopette (trop courte) Violette et un tee-shirt orange fluo délavé (si ça existe, je l’ai vu) et vous avez un look.  Mais ça encore, pourquoi pas, j’ai vu pire. En même pas trente minutes, en terrasse dans le marais durant l’happhour, je me suis régalé. Il faisait chaud, la bière blanche était fraîche et le chaland accueillant. Ce qui m’a particulièrement marqué, c’est que le look des touristes n’a rien à envier à ceux de nos petits locaux. Ils ont des looks complètement différents des nôtres. Alors oui, souvent ils portent des baskets pour pouvoir déambuler dans nos rues sans trop souffrir des pieds. Parfois, ils nous réservent quelques surprises savoureuses, ou des modèles assez atypiques. Je vous épargnerai l’état improbable de certaines Stan Smith, Air Force et autres gazelle, stars des bitumes parigots. Certaines étant plus grises que blanches, et d’autres fois on se demande s’il reste vraiment de la semelle. Du coup, j’ai vu quelques modèles marquants, comme la Jordan 4 « lighting » associée à un pantacourt beige, un tee shirt bleu marine et une veste kaki. Pas très élégant je vous l’accorde. En même temps, j’étais dans le bon quartier pour trouver des looks improbables, comme la Blazer Virgil Abloh surmontée d’un costume africain pour homme. Vous savez ce tissu très (trop) coloré, avec un pantalon très près du corps et plutôt court. Quand on est mince et longiligne ça a plutôt du style, mais râblé et rondouillard c’est tout de suite moins sexy. D’ailleurs, quand je vois comment sont affublés les Speed trainer Balenciaga, je me retiens de ne pas les leur retirer des pieds.  

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J’ai quand même vu passer des associations de couleurs assez sympas, même si je n’ai retenu que les choses qui sortaient de mon ordinaire. Parce qu’apparemment les gens autour de moi semblaient avoir l’habitude de ces chocs de couleurs. Problème de point de vue à n’en pas douter. Car la mode reste quelque chose d’extrêmement subjectif selon le côté où l’on se trouve. Ce moment fut néanmoins savoureux, l’amoureux que je suis, a vu défiler quelques belles trouvailles. Comme ces Vans Off white en robe d’été. De magnifiques Vapor Max Flyknit 2 gris brouillard (mais qui choisit ces noms de couleur ?) en short. J’ai vu passer un chino et une jupette dans des Vortex, couleur daim rouge pour l’un, et l’autre en Jaune minéral (si, si j’ai cherché la couleur pour être sûr). L’inimitable Air Jordan 3 Flyknit dans sa robe noire était également de sortie, elle croisa des Air Max 1 premium (mais pourquoi je ne les ai pas acheté celles-là ?), accompagné d’une Air Max 1 SE et d’une Air Jordan Future Quai 54 (juste une tuerie). Ces heureux propriétaires, eurent le bon goût de les associer à des tenues plutôt sympas. Je pourrais en énoncer encore une ribambelle, car c’était une ritournelle ininterrompue. Je vis des QT Support Sock primeknit core black de chez Adidas en robe blanche et noire magnifique.  Des Blazer Royal Easter QS s’accoquiner avec des Deerupt runner, comme quoi. Mais mes préférés furent les Pharell Williams Solarhu Tennis (quel génie ce bonhomme), copain comme cochon avec des Disruptor low gold de chez Fila et une petite paire Chantaco light pink signée Lacoste. Comme quoi on peut avoir une tête de vieux crocodile et savoir encore sortir des modèles sympas. Personnellement, j’aurais bien mis la main ou plutôt le pied dans la Blazon blanche du Coq Sportif ou les Topstar High toutes blanches de chez Pony qui me coupèrent le passage… elles furent un régal pour mes yeux. Mon bermuda marine les réclamait mais il dû se contenter de mes Fulsap Marly toutes immaculées que je sortais pour la 1ere fois. L’happy hour s’en est allé et avec eux le dernier chaland.  

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La nuit s’est faite, la berge
S’estompe et se perd…
Seule, au passage, une auberge
Cligne ses yeux pers.
Le chaland glisse, sans trêve
Sur l’eau de satin,
Où s’en va-t-il ?…Vers quel rêve ?
Vers quel incertain du destin ?