L’Hebdo Rudymentaire, confessions d’un Sneakers Addict #9

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Pourquoi cette accumulation alors, me direz-vous ? Paradoxalement, je ne vois pas ça comme une accumulation, mais comme une véritable collection d’objets uniques. Je me vois plus comme un numismate ou un philatéliste qui cherche à tout prix l’objet rare. Armé de mon casque colonial et de mon filet, je me mets en chasse de lépidoptères rarissimes. Oh, un Buchidindron ! A l’attaque ! Désolé, me voilà assailli par l’émotion, encore une fois je m’égare. Ainsi, disais-je, chaque paire à sa propre histoire. Sa propre personnalité et il est, pour moi primordial de connaitre l’origine de chaque modèle, afin de mieux les apprécier. Plus on est pointu sur la conception, l’histoire, le créateur de la chaussure et … plus j’ai envie de l’avoir. Tout l’intérêt est là, connaitre l’origine et le pourquoi du comment. Certes parfois ma femme me dit que c’est une drogue. Me voilà donc, désespérément accro à quelque chose qui me détruit de l’intérieur, tout en me faisant du bien. Un bien fou, si vite oublié, hélas. Enfouie tout au fond de ma mémoire. Chaque fois que je reçois une nouvelle paire, j’ai l’impression de tenir au creux de ma main l’antidote.

Me voilà, dès lors tel un oiseau planant au-dessus des montagnes. Scrutant l’horizon, jusqu’à la prochaine qui me tapera dans l’œil. A cet instant, précis où mon choix se fait, je me retrouve comme enfermé dans une cage dorée, sans pouvoir en récupérer la clé. Force est de constater que ma volonté que je croyais forte, est semble-t-il, très éloignée, pour ne pas dire plus, du niveau escompté. Me voilà désarmée et si faible face à ces sneakers tenaces et opiniâtres. Je suis prêt à tout, pour …pour ne plus y penser. Au bout de cinq minutes, je n’en peux déjà plus de souffrir. Sueur froide pour nuit chaude, me voilà shooté. En manque tel un drogué. Une dose d’adré …. S’il vous plait !!! Je me désespère de ce manque. Tout ça pour une paire de Cement, de Jordan 1 high OG ou une retro high Chicago !! Tant pis, je craque et je me décide pour m’acheter une petite dernière. Rien qu’une fois encore. « Garçon une petite pour la route ». Mais bon sang, pourquoi je ne m’y suis pas pris avant ? Trop tard ! Me voici donc lancer dans une nouvelle quête. Face à cette mission délicate, qui nécessitera des prises de décisions rapides. Des prises de risques et surtout la gestion d’une déception à venir.

Heureusement, « la différence entre les autres et moi, c’est que moi je n’ai pas encore commencé à jouer. » Pour ma mission à venir je paraphrase The Greatest Ali, afin de me motiver. Du coup, je me sens armé pour repartir à la conquête du modèle perdu. A partir de cet instant, j’y pense tout le temps. Toujours. A chaque fois…au réveil, sous la douche, pendant que je me prépare. Au bureau. En rentrant chez moi, en sortant de la salle de bain, encore juste avant de m’endormir. En m’endormant… 4h du mat, je tente d’éteindre ce foutu réveil. Quelle idée de se lever si tôt un samedi. En même temps, pas le choix si on veut attraper une bonne place dans la file devant le magasin « Jordan » de Bastille. Je ne me prends pas pour un « sans culotte », mais je vais arpenter le pavé. Un modèle rare sort ce matin et celui-là, je ne dois pas le louper. Me voilà prêt à me lancer dans la mêlée, entouré de passionnés qui comme moi n’ont pas l’ombre d’un doute. Arrivé sur place, timide au début je me contente d’attendre sagement mon tour dans la queue qui malgré l’heure est déjà formée. Soudain une pensée m’assaille.