L’Hebdo Rudymentaire, confessions d’un Sneakers Addict #10

Photo by Anbabwa

Suis-je devenu fou ? Sûrement. Et me voilà en pleine crise d’angoisse. Je retrouve finalement mon calme en me disant qu’après tout, dans quelques heures j’aurai atteint mon but. Récupérer « the sneaker » que je n’avais pas encore dans ma collection. J’ai hâte. Je suis de nouveau d’attaque. Aiguisé comme une lame, pointu comme un couteau, chauffé comme une flamme, puissant comme un dribble de Ronaldhino. Mes yeux brillent d’impatience, où serait-ce au froid qui me fait tressaillir ? A moins que ce ne soit le stress de ne pas parvenir à mes fins. En un mot comme en cent, je dirais que l’impossible est toujours envisageable. Mais bon sang, je n’ai plus le temps de tergiverser. Je dois tenir et surtout ne pas laisser en moi le doute s’immiscer (tiens, tiens ça me parle.) Bref, au bout de quatre heures de débat entre « mon ça, mon moi et mon surmoi », je suis en pleine introspection. Ma démence est-elle définitive ou momentanée ? Finalement, je finispar me retrouver devant les portes (enfin) ouvertes du magasin.

Mon « ça » va pouvoir assouvir ses désirs inavoués et acquérir une nouvelle paire de sneaker. Selon Freud c’est notre façon de sublimer une pulsion. Pour ma femme c’est une nouvelle inconnue qui débarquera à l’appartement. De là à ce que je me fasse réprimander par mon surmoi, toujours prêt à interdire et sermonner. En même temps, ce foutu « moi » n’avait qu’à prendre ses responsabilités. C’est vrai pourquoi devrais-je garder cela en moi ? Pourquoi devrais-je rester planter là ? Bouge de là me lance d’un regard appuyé MC Solaar, ou plutôt son sosie, vigile de son état, large comme une commode et pas réellement ravi de me voir battre la campagne, devant sa vitrine sans esquisser le moindre mouvement. Je finis par rentrer et je me faufile jusqu’à l’objet de ma visite matinale dans la capitale. J’interroge un vendeur pour avoir ma taille. Il disparait aussitôt, pour réapparaitre comme par magie, la « Jordan » à la main. J’attrape ce pourquoi je suis là et je file comme un dératé jusqu’à la caisse, de peur que mon « précieux » ne se volatilise. Excité. Heureux, comme un gosse. Fier comme un … Bref, au moment de payer, un doute m’assaille de nouveau… ma carte de crédit. Pas dans mon blouson. Pas dans cette poche, ni dans celle-là. Plus de CB. Noooooon, quel loser ! Erreur de noob ? Je n’ai pas vérifié. Mais, pourquoi ? Comment ai-je pu ?

Je me tourne vers ma femme et je ne peux m’empêcher de lui demander. Elle est où ma CB ? Toi qui sais tout, sauras-tu me répondre ? Sa réponse ne se fit pas tarder. Une paire … de baffes plus tard, le réveil fut brutal, mais salvateur. Je compris que ce furieux rêve n’était qu’un délicieux cauchemar, ou le contraire. Je ne sais plus. Il n’en demeure pas moins que mes tribulations de sneaker addict, rêvées ou réelles me font me sentir vivant. Diablement vivant. De retour à la réalité je me dis que le bonheur, le « vrai » n’est-il pas justement de tout simplement vivre des moments uniques et magiques avec ceux qu’on aime ? Vous savez ces tranches de vie ordinaire où la joie, les rires et les sourires fusent. Où on a juste la satisfaction de partager tout ça avec des gens qu’on apprécie, du moment qu’on est bien dans ses baskets. N’est-ce pas tout simplement ça la vraie richesse ? La réalité et le bonheur s’entremêlant dans un seul et même raisonnement. Quoiqu’il en soit, je me sens deux fois plus heureux et chanceux aujourd’hui qu’hier. Il faut juste partir du postulat que tu n’arriveras jamais à être satisfait à 100% car nous sommes d’éternels insatisfaits. Have fun, wear sneaker !

Ah j’oubliais, ma dernière acquisition ? Une Nike air Jordan 12 rétro chinese new year edition me remplit de joie. Alors, vivement la prochaine. Le roi est mort, vive le roi !