L’Hebdo Rudymentaire, où les confessions d’un Sneakers Addict #13

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« M’sieur, vous auriez cette paire en 39 ? On dit bonjour déjà ! Pardon, bonjour. Tout est en rayon, normalement. Mais attendez on va regarder ensemble. » Ah, les pérégrinations du vendeur sportif chez Décathlon. Mes 1ere amourettes, il n’y a pas que la basket dans la vie, y a le …. Loyer aussi. Comme dirait Leroux de Lincy « il n’y a pas de sot métier, il y a que de sottes gens ».  Dans ce Hangar tout blanc, à la moquette verte un peu défraichi et aux néons omniprésents, j’ai perdu quelques dixièmes aux yeux et quelques francs en caisse, mais j’y ai surtout fait mes meilleurs achats de sneakers. Vendeur au rayon Sport US, j’arpentais la moquette à la recherche de la paire idoine. Dans ce magasin de la banlieue nord, j’étais aux premières loges pour trouver mon bonheur. Chaque jour arrivait de la centrale d’achat lilloise, de nouvelles paires de sneaker et nous devions les préparer pour la mise en rayon. Deux pointures pour chaque paire, mise à part pour le 42 bizarrement ? 3 paires pour cette pointure, la plus commune, mais surtout la mienne. Et que de trésor j’ai pu ainsi découvrir en ouvrant méticuleusement les cartons. Une fois sortie, une sorte de frénésie s’emparait de moi, les pupilles dilatées et le sourire aux lèvres je fixais les antivols au fur et à mesure. Au moment de la mise en rayon, je n’oubliais évidemment pas de mettre de côté ma paire de 42. Histoire de l’oublier le temps que les prix baisses. Car les prix baissent souvent chez Décathlon, mais chut je ne vous ai rien dit.

Avec cette tactique, j’ai eu ainsi l’opportunité de m’offrir deux à cinq paires par mois. En sachant que j’y suis resté 3 ans, je vous laisse faire le calcul. Moi, j’ai arrêté de compter quand ma futur femme a commencé à me demander, les premiers mois où nous nous fréquentions, combien de paires de basket je possédais. A l’époque je devais être à 30 (plus ou moins) et aujourd’hui, me diriez-vous ? Je n’en ai aucune idée. Surtout que depuis, j’en ai usé encours de route. Comme la Adidas crazy two toute blanche, quel pied ces godasses, légères et hyper confortables. Les modèles suivants m’ont moins plu, mis à part les crazy eight qui ont également atterri dans mes toilettes, lieu où je rangeais mes boites. Kobe a été un bon pourvoyeur et c’est d’ailleurs en partie à cause de lui que j’ai fait des infidélité à Adidas, car après que le joueur ait quitté son premier amour pour Nike, je lui ai presque aussitôt emboité le pas. Pas par coquetterie ou pour imiter le joueur, juste parce que les Zoom Kobe 1 et les Huarache 2K4 me plaisaient, tout simplement. Je ne vous ferais pas l’offense de citer tous mes achats, on en aurait pour un moment. Surtout qu’à cette époque je me contentais de peu dans mon quotidien, mais que tel le loup dans la bergerie je n’étais jamais rassasié, en matière de sneaker. J’étais dans un état de manque permanent où l’achat frénétique d’une paire, appelait l’achat d’une nouvelle peu de temps après. J’étais devenu « addict ». J’étais tombé du côté obscur. Devenu un acheteur compulsif, je n’arrivais plus à en sortir.

Malgré tout, j’ai adoré cette période de ma vie « d’addict », même si je me suis depuis sérieusement calmé. J’ai pu acquérir un petit bijou qui a été réédité en 2016, la « Nike Uptempo 97 ». La chaussure phare de mon modèle après Michael Jordan, qui était  rien de moins que son lieutenant, Scottie Pippen. Cette paire toute blanche avec la mention « AIR » sur les côtés, vous donnait l’impression de marcher sur un coussin d’air. Une sorte d’aéroglisseur pédestre. Un vrai bonheur à porter et juste un confort inégalé sur un parquet comme dans la rue. Impossible à trouver avant sa sortie en 2016, elle était recherchée par tous les collectionneurs. Croyez-moi que lorsque que je sortais avec, les compliment pleuvaient, sans parler des demandes d’achat. Du coup, je la sortais avec parcimonie, trop content de posséder une pièce rare et unique. Non, vraiment je ne regrette pas cette période faste et rempli de petit trésor. Alors certes cela a fait de moi un « sneaker addict » en puissance, mais également un homme heureux. Point de nostalgie, car aujourd’hui niveau sneaker, je me régale. On a pas conscience de la chance qu’on a face à toute ces rééditions, qui pour nous heureux quadras nous parlent vraiment. Je terminerais donc par une phrase de Sénéque : « L’homme heureux est celui qui se contente du présent, quel qu’il soit ».

Et dire que je ne vous ai pas parlé de mes air zoom flight et de mes Air Penny II.