Et si on menait une enqûete sur le sujet?

Dans ce monde de brutes où tout semble déréglé, il y a de quoi s’interroger. « Les nouvelles sont mauvaises d’où qu’elles viennent. Crois-tu qu’il va neiger me demande t’elle soudain ? » Mais Stéphane Eicher ne croyait pas si bien dire. Un peu comme « nos ancêtres les gaulois » on se demande si le ciel ne va pas nous tomber sur la tête. Si bien que c’est d’une main tremblante que j’allume mon poste de télévision, sans pour autant vivre ma vie par procuration. Quoique, NBA2K18 et le dernier opus de FIFA m’ont l’air parfois si réel. Me voilà donc tiraillé entre l’envie et le besoin. L’envie d’inculquer à mes enfants des valeurs saines sur lesquelles ils pourront s’appuyer afin de grandir en toute sincérité. Et le besoin de leur faire prendre conscience que la vie ce n’est pas que ça car il leur faudra affronter ce monde de sauvages. La violence qui nous entoure existe, mais elle n’est pas si nouvelle. Elle est juste relayée plus rapidement. Qui n’a jamais entendu parler de ce copain de collège ou lycée qui s’est fait dépouiller ses sneakers, par un petit voyou local qui sous l’effet de sa bande c’est senti puissant et imbattable ? Me voilà donc, coincé entre le marteau et l’enclume. Si bien que je tente de rassembler mes idées afin d’inculquer aux miens les valeurs et les armes qui pourront leurs servir dans leurs vies d’adulte.

La « sneaker » en fait bien évidemment partie. Parce que d’un objet futile pour certains, elle est une valeur refuge pour d’autres. Peu importe le milieu d’où l’on vient une paire d’air Max, de Jordan, de Stan Smith ou de Chuck Taylor aura toujours la même valeur. Peu importe qui la porte. Une forme de justice pour tous. Dans une société française où on nous inculque que la liberté, égalité pour tous, sans pour autant pouvoir la toucher du doigt dans les faits. Evidemment, comme tout produit commercial, certaines paires sont hors de prix et les plus aisés s’en donnent à cœur joie. Mais malgré tout, la majorité de la population se contente de la paire lambda, ce qui fait qu’un modèle aura toujours la même valeur. Néanmoins, « le dis-moi ce que tu chausses, je te dirais qui tu es », fonctionne quand même. En effet, on ne porte pas les mêmes modèles qu’on vive en province, à Paris, en Banlieue, à NY, Barcelone, Londres ou Rome. Les modèles phares type Superstar, Stan Smith, NMD ou Yeeky Boost chez Adidas, ou Air Max, Force, Jordan ou Vapor Max chez Nike Pump, DMX, workout ou Instapump ont tous leurs adeptes. Il devient dès lors très simple pour un habitué de savoir qui porte quoi. Nous pourrions presque créer une sorte de carte sociologique de la « sneaker ».

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Effet de mode ou réel impact sur notre société, il serait, je pense, intéressant de mener une enquête sur ce phénomène. Je vois que les collégiens portent des « superstar » ou des « Stan », enfin ceux de Paris ou des grandes villes de province. Ceux des banlieues parisiennes sont portés par « air Max » ou Jordan. Les lycéens adorent la vapor ou les Yeezy Boost. Ce qui pourrait encore plus attirer un sociologue c’est de comprendre pourquoi ces choix affirmés et revendiqués. Pourquoi les bobos sont plus portés sur la simplicité d’une gazelle ou une Stan. Que représente une paire de Jordan pour un quadra, ou pour un étudiant ? Pourquoi avoir ce besoin presque irrépressible de posséder une paire plus qu’une autre ? Un modèle plus qu’un autre. Il existe des milliers de modèles de sneakers peu importe la marque, et pourtant certains se contentent de collectionner un unique modèle décliné dans plusieurs versions ou coloris. A la limite du monomaniaque. A croire que la basket que nous portons est à l’image de ce que nous sommes, de l’être humain que nous nous représentons. Comme si par extrapolation nos pieds étaient devenus le théâtre de nos vies. Nous sommes dès lors en représentation permanente tentant de montrer aux autres une facette de notre personnalité. Et pendant que nous foulons la Terre de nos pieds, certains repeignent le monde de leur violence sans nom.