Bonjour, je m’appelle Rudy et je suis toujours «Sneaker Addict». Ceux qui me suivent tant bien que mal, le savent. Etre « Sneaker Addict » ce n’est pas juste porter des paires de basket plus ou moins chères ou à la mode. Ce n’est pas juste faire des « camps out » pour la sortie d’une pépite, ou considérée comme tel. Ce n’est pas faire les bourses d’échanges. Ce n’est pas chiner dans les boutiques parisiennes ou chez les « resellers » à la recherche du modèle qu’on a raté lors du dernier camp. Ce n’est pas entassé dans un coin de son petit appartement une montagne de baskets. Ni connaitre par cœur l’histoire de chacun des modèles portés par Jordan. Ce n’est pas non plus être fan de chaussures de sport. Ce n’est pas plus cet homme frustré dans sa jeunesse de ne pas avoir pu s’offrir ces paires de basket et qui rattrape le temps perdu.  Ce n’est pas cet acheteur compulsif ou ce mari fébrile à l’arrivée de chaque paire. Pas plus que ce collègue fier comme un pape à chaque fois qu’il arrive avec une nouvelle paire. Non un « sneaker addict », c’est un mélange de tout ça et plus encore.  Vous seriez surpris de tout ce qu’on peut trouver sur le terme.

 
Je comprends que puisse échapper à tout sens commun le fait de s’acheter plusieurs paires alors qu’on ne possède que deux pieds. Je pourrais argumenter en parlant de ces femmes qui collectionnent les colliers en ayant qu’un seul cou, ou des talons, voir ses sacs. Je pourrais donc me comparer à tous ceux qui collectionnent pour un oui ou pour un non. Cela ferait-il de moi un simple collectionneur ? Une personne qui aime réunir des objets pour diverses raisons. Hum ! Ce n’est, de mon point de vue qu’une vision réductrice de ce que représente la basket. Il y a certes, cette notion de collection. Cette envie de posséder plusieurs objets pour des raisons esthétiques ou financières et que sais-je encore. Moi, j’aime porter mes baskets ! Les voir rester dans leurs boites me fend le cœur.  Et je n’y vois pas trop d’intérêt. J’aime croiser mes contemporains et admirer leurs paires. Admirer avec quelle ingéniosité, certains coordonnent leur tenue pour mettre en valeur leur modèle. J’apprécie également ceux qui sans le savoir portent des paires d’exception. Ceux qui négligent leurs baskets. Ceux qui en usent et en abusent. La basket est pour moi un mode de vie. Un mouvement. Une culture. 
 
Avec ses codes et son propre vocabulaire. Il touche le monde entier. Il suffit juste de faire un tour sur les réseaux sociaux pour s’en apercevoir.  Mais juste dire cela, c’est comme porter une paire de Pat Ewing avec un Kilt. C’est une faute de gout. La basket a des ponts de connection avec la photographie, la musique, la danse, la peinture, le graff, la sculpture, la mode, le sport, la société et même l’histoire. Oui, oui l’histoire. Je pourrais parler de Jesse Owen et de ses chaussures, made in Dassler. De la Mannschaft à la coupe du monde 1954. Première victoire dans cette compétition des allemands face à l’ogre Hongrois réputé imbattable, mais battu grâce aux chaussures des joueurs germaniques et un peu de fortifiants …mais chut on n’en parle pas. Je pourrais continuer longtemps ainsi, mais cela fera l’objet d’une autre chronique. Non, je ne me défile pas. Ce que je veux démontrer c’est que juste mettre à ses pieds une paire de sneakers, ne fait pas de nous des sneakers addict, tout comme le sneaker addict ne se contente pas de simplement porter ses baskets. Enfin, c’est ma vision de la chose. Je me trouverai bien malheureux de ne pouvoir échanger avec d’autres. Tout comme je serai triste de ne pas avoir l’opportunité d’admirer les photos, les peintures qui ont pour base la basket. C’est juste beau ! C’est juste de l’art, du visuel. D’innombrables revues et livres parlent encore mieux que moi de ce phénomène qui ne cesse de s’amplifier. Car c’est bien de cela que je veux parler. D’un phénomène, d’une vague de fond partie du début des années 80 et qui déferle sur nos années 10 … pas encore années folles, mais véritables années charnières. On tente de surfer ce tube, sans savoir sur quoi il débouchera, mais tout comme certains avaient annoncé la mort rapide du rock et du rap, je pense qu’on en a encore pour quelques décennies à profiter de nos modèles fétiches. Alors faites vous plaisir et porter haut vos « sneakers préférés ».
 
READ  Artistes, jeunes marques, shops déployez-votre activité en adhérant à Son Of Sneakers.