Ce matin, je me suis dit en me levant que j’allais écrire. Ecrire sur tous ces mécréants qui vandalisent la basket. Et puis je me suis raisonné. Mes vieux démons étaient de retour, mais je ne pouvais décemment pas vous infliger une telle lecture. C’est vrai, qui suis-je pour juger les autres ? Ces autres qui portent également des chaussures. Oui, ces autres-là qui martyrisent leurs Jordan, comme de vulgaires pompes sorties de chez Kiabi. Qui suis-je pour jeter un regard glacial à ces parents qui mettent 150€ dans une paire de Nike juste pour faire plaisir à leurs progénitures ? Cette même progéniture qui ira taper dans une canette, parce que les copains lui ont proposé de jouer au foot.  Qui suis-je pour dévaloriser cet ami qui était fier de me montrer sa nouvelle paire de baskets « pas chère » qui selon ses propos vaut bien une paire de DRose ? Une cheville en moins et des ampoules plus tard, je ne pus réprimer ce sourire béat qui barrait mon visage. Et je ne parlerai pas de cette collègue qui, connaissant ma marotte, me demanda de lui conseiller une paire de running, pour finalement acheter des tennis pour courir.  Qui suis-je pour les juger ? Serais-je devenu un de ces ayatollahs intolérants qui sont prêts à brûler quiconque enfreindrait leur loi ? Trouvant sa vie si amère qu’il ne fait que juger celle des autres ? Une sorte de Jean-Pierre Bacri du pauvre, le talent d’acteur en moins ? Me prendrais je pour un de ces critiques d’art s’extasiant devant une toile vierge en relevant la profondeur, la luminosité et le génie de l’artiste ; croyant avoir affaire à un monochrome, jusqu’à ce que l’artiste en question vienne peindre et y apposer son œuvre ?

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L’art, parlons en justement. Qu’est ce qui fait qu’une toile ou une photo soit si magique ? C’est parce qu’elle nous parle. Qu’elle nous transperce ou nous met une claque. De telle sorte que notre regard ne peut s’en détacher. J’ai besoin qu’un tableau ou une photo me prenne et me transporte. Qu’elle m’inspire. Qu’elle me touche, tout simplement. Pourtant derrière ces œuvres, il existe toute une histoire qu’on ne connait pas. Par exemple d’où l’artiste tire-t-il son inspiration ? Qu’est-ce qui lui donne cette envie de figer un moment de sa vie ? J’adore la photo. La prise de vue. Les clichés, instantanés ou pas d’ailleurs. J’aime les couleurs, la lumière. Et quand le sujet concerne l’une de mes passions, quoi de plus normal que d’être enthousiaste ? J’aime la mise en scène, l’instant volé. Une belle lumière sur une paire de Nike, Kappa, NB, ou Adidas. Il n’y a qu’à voir comment les paires sont disposées quand les marques annoncent les futures sorties, c’est juste un régal pour les yeux. Et je ne parle pas de la profondeur de champ, de la ligne d’horizon ou du cadrage. Non, je parle esthétisme, beauté, élégance et mise au point. J’ai la chance de côtoyer quelques photographes et j’aime vraiment ce qu’ils produisent. Certains de leurs clichés sont justes … voilà c’est ça, ça laisse sans voix.

 

Mais j’en connais un en particulier qui est addict comme moi et dingue de photographie. « Anbabwa » bichonne ses clichés et multiplie les shootings. Ce grand gaillard, au crâne rasé et fan du groupe « Wu Tang clan » a réussi à allier son addiction à sa passion, « (il a) commencé à prendre des photos de baskets car c’était un moyen de sublimer les paires qu’(il) convoitait. » J’en deviens presque jaloux, car les miennes, de photos, sont mièvres à côté. En même temps comme il le dit si bien « une photo réussie c’est un cliché qui va mettre en valeur le sujet. Elle ne doit pas être juste une photo banale, faite à la va vite avec un portable. Même si certains portables font de belles photos. » C’est peut-être ça le secret ou alors, je n’ai pas les bonnes sensations. Il rajoute d’ailleurs qu’à travers ses œuvres, il souhaite « qu’elles transmettent une histoire et que le sujet soit mis en valeur dans le décor ». Encore une fois cela me prouve que la « sneaker » mène à tout. D’ailleurs « Anbabwa » insiste sur le fait que la photographie est pour lui : « un moyen de partager avec les autres addicts. Les séances shootings permettant d’échanger sur les dernières sorties, les hits que chacun voulait. » Il suffit d’aller faire un tour sur son Instagram pour s’apercevoir qu’il a l’œil sûr et la détente facile. Il ne reste plus qu’à lui trouver une galerie pour une future exposition.