Ah l’amour, vous savez cette petite chose qui fait battre nos cœurs d’hommes, quand on est proche de l’être aimé… De petits papillons s’emparent de notre estomac. Nos pupilles s’illuminent. Nos mains deviennent moites avant chaque rendez-vous. On se regarde quinze fois dans le miroir avant de se décider pour une tenue. On change quinze fois de tenue pour finalement remettre la première qu’on avait choisi. Tout ça pour celle qu’on aime. Quels merveilleux moments que les premiers jours d’une nouvelle histoire ! Aucun nuage à l’horizon, le ciel parait bleu même quand il pleut. Paris est magnifique quand on est amoureux. Mais comment est-ce arrivé ? Pour moi, c’était juste pendant une ballade dans un de mes quartiers préférés de Paris, dans le 1er arrondissement, aux environs des Halles. Non pas que l’endroit soit chatoyant, c’est surtout qu’il y a là-bas de nombreuses boutiques de « sneakers ». C’est donc au détour d’une de ces rues, que je t’ai rencontré pour la toute 1ere fois. Dès lors, ma vie a basculé. Je me suis retrouvé absorber, puis submerger. Comme subjugué par une peinture où tu restes là, pantois, comme scotché. Le regard plongé dans le vide. Tu la visualises. Tu l’admires. Tu te demandes même, si l’impression visuel que tu ressens est la bonne, donc tu sollicites tes autres sens. Forcément une irrésistible envie de toucher l’objet te titille. Comme se retrouver devant un horizon infini.

C’est exactement ce que j’ai ressenti en te rencontrant. Ta beauté n’avait aucune limite. Je n’ai pu résister très longtemps à tes charmes et je t’ai enlacée, doucement, délicatement, tendrement. Comme lorsqu’on prend un nouveau-né dans ses bras. Tu avais l’air si fragile. Nous avons passé un long moment en tête à tête, échangeant des regards complices. Les autres n’existaient plus autour de nous. Que de joie ! Que d’anxiété ! Que d’espoirs ! L’espoir de la revoir. Encore et encore. De partir et l’emmener avec moi, loin d’ici. Mais soudain le doute ! Vous savez ce genre de doute qui vous étreint quand vous devez prendre une décision.Ai-je bien fait ? Puis, la peur m’envahit et si elle disparaissait à tout jamais ? Et si je n’avais pas suffisamment de volonté pour te prendre. Je suis désolé. Désolé de ne pas connaitre assez ,de mots pour m’exprimer correctement et te dire toutes les belles choses qui me transpercent. Me traversent. M’obsèdent jusqu’à l’épuisement. Oui, je l’avoue sans honte, je suis jaloux. Jaloux de cet homme qui saura te séduire et t’emporter loin de moi. Forcément, cela provoque en moi une question. Peut-on aimer sans se donner ? Un don de soi, pour l’objet tant désiré.

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Elle continuait de m’obséder au point de ne cesser de penser à elle durant une semaine. Un jour. Une heure. Une minute. Une seconde… une éternité. Les pleurs et l’asthénie qui m’envahissaient, me laissaient circonspect, voir dubitatif. Du coup, je gardais en moi une tristesse froide et ineffable. Et malgré tout le bien que je pensais de toi, je savais pertinemment que mon impavide amour ne pourrait, à lui seul, remporter cette bataille entre mon moi, mon surmoi et mon ça. Pendant que je me questionnais, je fus pris en flagrant délit. Trop tard, ma femme nous avais vu échanger nos regards. Elle m’avais vu t’étreindre sans retenue. Je n’avais dès lors plus que quelques jours pour mettre en place les derniers réglages. Problèmes : mes soucis allaient être apparemment plus nombreux que prévu. Résultat ? Une envie d’envoyer tout balader et de partir siroter un bon vieux rhum sur une plage des Caraïbes, bercé par les vagues et profitant des alizés qui glisseront le long du hamac qui m’accueillera. Là, je tenterai de survivre. D’oublier, ce qui n’est aujourd’hui déjà que souvenirs. J’ai déjà mal et je veux que mes maux disparaissent. Mes mots ne sont plus, d’ailleurs à quoi bon te les dire si tu ne les entends plus ? A quoi bon te les écrire si tu ne les lis plus. A quoi bon te les larmoyer s’ils ne te touchent plus. A quoi bon tous ces mots, tous ces maux si tu n’es plus là ? Fort heureusement, Noël approche. Je pourrais dès-lors me faire un petit cadeau en son nom et du coup t’arracher à la vitrine de ce magasin pour te chausser ô ma magnifique paire de Nike Air Uptempo Scottie Pippen.