A l’instar de la Pub Gatorade, on est tous un peu  » like Mike »

2h30, le samedi 11 novembre 2017 une longue file se tient impatiente aux portes du 12 rue du Faubourg Saint Antoine à Paris. Pour les initiés, ils auront reconnu l’adresse du Jordan Store de Bastille. Qu’y avait -il de si énorme pour attirer ainsi la foule des sneakers addict à cette heure tardive ? Pire que dans le métro parisien à l’heure de pointe, des quidams se sont agglutinés devant le store parisien. Pourtant, rien n’a vraiment filtré, mais la sortie de la Jordan 11 Retro UNC Win Like 82, n’est pour moi pas étrangère à cet attroupement. Loin de moi l’idée de critiquer le fait que la communauté sneaker soit en ébullition devant le moindre évènement Jordanesque comme dirait George EDDY, mais force est de constater que même retiré des parquets depuis 2003 Michael Jordan influence tout un pan de fans. Même ceux qui n’ont pas eu le privilège de veiller tardivement, ou de se réveiller très tôt pour admirer ses exploits, vous en parlent comme s’ils avaient vécu l’évènement en « live » à l’époque. Je suis sidéré qu’un homme qui a marqué ce qui reste un sport mineur en France, puisse quinze ans plus tard continuer d’influer sur nos choix. « Le cœur a ses raisons que …. »

 

Nike et « Jordan brand », devenue une marque à part entière dans l’univers de l’entreprise créée par Phil Knight, ont désormais le pouvoir de rendre fou, même les plus sains d’esprit.  Pour ce faire, il suffit de sortir un « must have », un « classique » au colorway jamais vu ou une série limitée, que s’arracheront les resellers et les collectionneurs. Il faut savoir que dans les mois à venir, Jordan va nous distiller au compte-goutte, une suite de modèles « win like Mike » en revisitant les principaux faits marquants de la carrière du natif de Brooklyn. Que ce soit sa victoire en College Basketball face à Georgetown ou celle contre Utah en final NBA voire son shoot décisif face aux Cavaliers ou sa médaille d’or au JO. MJ a été l’icône d’un sport Important aux Etats Unis, mais confidentiel en Europe et particulièrement en France. Longtemps catalogué comme sport universitaire, amateur, marqué par des rivalités de clochers. Il semble plus proche du Hand Ball (sport le plus pratiqué à l’école) et du rugby, que du football sport roi par excellence. Dans les années 80 et 90, les idoles du foot européen se nomment Platini, Maradona, Cruyff, Zidane ou Ronaldo (le brésilien). Néanmoins, avec l’avènement de la culture Hip hop et la mode qui en découle, la basket prend une place importante dans nos rues. Les « brand » l’ont bien compris, mais c’est Nike avec sa tête de gondole siglé « Air Jordan » qui va marquer les esprits. La personnalité de la star des Bulls, alliée à son charisme, les pubs décalées et les JO de 92 à Barcelone, vont définitivement assoir la notoriété de MJ. Jordan. Il devient alors une icône planétaire et sa chaussure un prolongement de cette réussite.

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Le fameux slogan « Je veux être comme Mike » est tout à fait de circonstance. Aujourd’hui donc, près de 15 ans après sa retraite, Jordan continue de profiter de cette notoriété. Certes les ventes de ses nouveaux modèles n’ont pas été à la hauteur des attentes ; mais les paires dîtes traditionnelles continuent de susciter un engouement certain. Les méga stars que sont Pelé, Muhammad Ali, ou à un degré moindre Maradona, Schumacher voire Tiger Woods, n’ont pas et n’auront surement jamais la même place et l’influence d’un Jordan. Certes, ils n’ont pas envahi la mode, ni le prêt à porter comme la marque Jordan le fait, mais même en matière de pub planétaire, ils n’ont jamais son impact. Jordan a porté le basket mondial à lui tout seul. Il a inspiré des générations de joueurs, qui aujourd’hui prolonge son héritage. Kobe, KG, Lebron, KD, Curry, n’auraient pas cette aura sans MJ. Je me demande même quelle trace ils laisseront dans l’esprit de nos enfants ?  Quand je vois l’exploit d’un Teddy Riner qui entre dans l’histoire de son sport en gagnant un 10e titremondial, je me dis que c’est bien dommage qu’il ne soit pas reconnu à sa juste valeur. La preuve l’Equipe oublie même de le mettre en « Une ». Malgré tout, Riner entre dans le cercle très fermé des légendes tel Ali, Pelé, Jordan, Woods, Merckx. A savoir un géant sur le plan sportif et du palmarès, mais un nain au niveau de la notoriété et de la valeur économique. Pour certains champions on pourrait se dire, autre temps autres mœurs. Pour d’autres, qu’ils souffrent du peu d’attrait de leur sport. Mais, je ne suis pas certain que les deux stars mondiales que sont Leo Messi et Cristiano Ronaldo, bien que d’immenses portes drapeaux pour Adidas et Nike, monstres marketing, arrivent à imposer leur empreinte comme le fait aujourd’hui Jordan. Ce qui me permet de réaliser à quel point il a complètement bouleversé et modifié les codes. La ménagère de cinquante ans est tout aussi fan de lui, c’est dire l’exploit.