Le Hip-Hop, élément indissociable de la Culture Sneakers

Ah janvier ! Sa froideur et son soleil d’hiver. Ses flocons parfois ou son ciel bleu immaculé. Ses routes salées et son petit vent frais qui vous glace le sang quand il vous attrape. Malgré cela, j’adore les matins d’hiver, me coller à la baie vitrée de mon salon pour profiter des rayons chaleureux du soleil. Une tasse de thé à la main, je m’imagine partir dans des contrées lointaines. Janvier, ses galettes, ses vœux et ses soldes. Oui, ces fameux soldes où vous recevez des dizaines de mails, sms, publicités et autres infos vous expliquant que vous allez faire l’affaire de la décennie. Les magasins redoublent d’effort pour vous convaincre de pénétrer dans leur antre, à la recherche de la bonne affaire. En même temps, gagner 20 ou 30€ sur une paire ce n’est pas négligeable. Je regarde les étals et les modèles soldés ne m’inspirent pas vraiment. Bien sûr celle que l’on lorgne depuis des heures dans les rayons, n’a aucune promotion, forcément. Bref, les soldes pourquoi pas, mais pas n’importe où ! J’ai effectivement mes magasins fétiches, mes enseignes préférées. Aujourd’hui, je suis pour moins de produits, mais de meilleure qualité. Acheter pour acheter, non très peu pour moi. Pour ma femme, c’est toujours une paire de plus dans l’armoire. Quand bien même je n’en ai acheté que cinq l’an passé. Il faut dire qu’on est à deux doigts de devoir pousser les murs pour faire de la place.

Il ne faut pas se leurrer, tout sneaker addict que je suis, je ne suis qu’un petit joueur par rapport à d’autres. Ma collection est encore « raisonnable ». Bon, je ne dis pas que cela ne me démange pas régulièrement. Mais je résiste du mieux possible. Parfois je tiens le coup, parfois je craque.  Comme pour ces XI red Win like 96 qui me chatouillaient les pupilles depuis des semaines. Quand on pense que 100 Millions de Jordan ont été vendues en 2017. Ça me laisse sans voix. C’est très loin de ce qui se faisait dans les eighties. Ah ces fameuses années 80 ! On ne se rend pas compte de ce qu’étaient ces années-là en France ou aux Etats unis. Bon, j’étais en Martinique et franchement la vie d’ilien c’est plutôt cool, comparée aux Bronx, Brooklyn, Harlem ou le Queens à NY ; South Central, Compton, Watts ou Inglewood à LA. C’est l’époque où même la police ne se risquait pas dans ces lieux la nuit. Où les squats se multipliaient et la drogue proliférait. Les classes moyennes fuyaient les banlieues et les immigrés les remplaçaient. Certes aujourd’hui, dans ces quartiers certaines choses ont peu changé. Mais c’est un autre débat. Je veux juste rappeler l’atmosphère de ces années, les effets du second choc pétrolier commençaient à peine à s’estomper. Le président Carter laissait sa place à un cow boy, Mitterand et le PS arrivaient au pouvoir, l’atmosphère était plutôt à l’euphorie liée au changement. A la nouveauté. Ce sont ces conditions qui ont fait germer et ont nourri la mouvance Hip Hop. C’est de la rue, des quartiers, des difficultés des années 80 qu’Afrika Bambata et Grandmaster Flash ont puisé l’inspiration de leurs premiers Hits. « The message » par exemple est le 1er morceau de rap qui marquera les esprits. Flash sera également le 1er à utiliser le terme de Hip Hop en parlant de ses compositions. Il sublimera et étonnera la scène musicale avec le scratch. Le natif du Bronx sera un des précurseurs de la mouvance au même titre que Kool Herc et Bambatta.

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New York en est le berceau, mais le mouvement va embraser les Etats Unis et atterrir rapidement à Paris, par le biais de passionnés tel Sidney et sa célèbre émission « H.I.P H.O.P. ». De simples DJ deviennent MC, puis rappeurs. Les Groupes se forment et font danser des millions de fans. Run DMC, LL Cool J, NWA, Eric B and Rakim, Public Ennemy, Beastie Boys EPMD et j’en oublie doivent tous quelque chose aux trois 1ers nommés. Du mouvement hip hop on retient le rap, les DJ, le break et autres danses, le beat box, les graffitis, mais on peut aujourd’hui rajouter le cinéma, la photo, la mode sportswear et les sneakers. Les sneakers, véritables icônes du genre et faisant partie intégrante de la panoplie du parfait MC. Rajoutez à cela l’essor du sport américain et de ses stars (Jordan, Bird, Magic, Bo Jackson, Wayne Gretzsky), plus l’avènement de Nike, la supériorité d’Adidas, la concurrence de Puma et Reebok, la résistance de Converse et vous obtenez la naissance de la « sneaker attitud ». C’est de là que tout est parti. New York a engendré des phénomènes et continue de fournir des MC et des groupes tel le Wu Tang Clan qui passera le flambeau à Nas puis Bobby Shmurda ou Joey Badass. Je me souviens des années 80 où une paire de Nike coutait parfois la vie. Où une Jordan était presque introuvable à Paris. Je me souviens de ces temps pas si lointains où l’on portait à la main sa paire tel un étendard. Porte-drapeau de ses ambitions. Fierté exacerbée. Revendications rappées. La basket est encensée, voire parfois vénérée. Oui, j’ai assisté à son essor et aujourd’hui je suis heureux du chemin parcouru. Ma génération (dorée ?) profite des avantages de notre époque et de l’évolution technologique, mais elle n’oublie pas ses racines. La genèse. Comme le dit si bien Nas : Hip Hop is still alive et je rajouterais and sneaker is my pride !