Il pleut. Bon ce n’est pas tant le fait que la pluie se mette à tomber à Paris qui me dérange. C’est vrai quoi, ces derniers temps on a plus vécu en mode canicule, qu’en mode déluge. Mais, il pleut quand même. Et à Paris, la pluie c’est nase ! Il fait gris, il fait moche et les particules fines sont moins nombreuses. Bon ok, ça c’est plutôt la bonne nouvelle. Bref, quand il pleut chez nous, on ne se pavane plus en baskets toutes blanches et immaculées sur les champs. Le parigot branché et sophistiqué, aime bien se balader en sneaker blanche et tant qu’à faire en Stan Smith. En plus, c’est tendance ! J’ai lu récemment sur la toile qu’un mouvement anti-Stan Smith était né, un instagram « stansmithophobe» créé . En tant que fan de sneaker c’est un concept que j’ai du mal à comprendre. C’est comme si on bashait tous les amateurs de Jordan 1. C’est vrai pourquoi faire du bashing sur la Stan et pas sur une paire de Jordan ? Je trouve ça absurde, même si je trouve également absurde la façon de porter la Stan. Oui nous ne sommes pas à une contradiction près. Mais ma remarque ne porte pas sur le modèle en lui-même, non juste sur les porteurs du modèle « traditionnel ». Les voir tous en « blanc et vert », comme s’ils appartenaient à la même entité, ça fait un peu secte. Vu le nombre déclinaison, de « colorway », à scratch ou sans, montante ou basse, pourquoi avoir la même que son voisin ? WTF !

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Qui aujourd’hui ne connait pas la Stan Smith ? Faudrait sortir à peine du sein de mère ou avoir hiberné 50 ans dans une caverne pour ne pas la connaitre. C’est la paire de tennis la plus connue du moment. Ligne épurée voire simpliste, petite touche de vert, la fleur Adidas sur le talon, les 3 bandes sur le côté en mode perforation, semelle en alvéole, révolutionnaire à sa sortie. Bonne bouille mais horrible à porter en dehors des courts. La paire a été conçue grâce à l’aide du meilleur joueur français de l’époque Robert Haillet qui, sollicité par la marque allemande, créa ce petit bout de caoutchouc qui sera vendu à 40M d’exemplaires dans le monde. C’est dire sa popularité. Au départ la paire est faite pour notre petit frenchy et sort dès 1964. Vraie réussite sportive, car excellente pour la pratique du tennis de haut niveau, le modèle verra sa vie prendre une nouvelle tournure en1973. Date à laquelle le Federer ou Nadal de l’époque Stanley Smith accepte de porter la petite merveille d’Adidas. La marque aux trois bandes rebaptisera le modèle du nom de Stan Smith en 1978. Elle ne devient réellement populaire qu’avec l’essor du hip hop. Les ventes décollent avec « My Adidas » de Run DMC, bien que le groupe new yorkais fasse, dans son morceau, l’apologie de son modèle préféré, à savoir la « Superstar ». Cette chanson va propulser la marque Adidas sur le devant de la scène médiatique et booster les ventes de … la Stan Smith. En effet le modèle noir déjà populaire chez certains Skinheads en plus de la Doc Marteens, va aussi intégrer la panoplie des Punks au début des années 80. Les fans de Rap, de Reggae et de Ska ne seront pas en reste. On se souvient au début des années 80, … Stan Smith aux pieds le regard froid … avant que le modèle ne tombe en désuétude la décennie suivante, pour finir par disparaitre.

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Car à cette époque, la Stan est une paire populaire, revendiquer par la culture urbaine. Sa présence dans la Haine, n’est pas un simple clin d’œil. Malheureusement, las de voir son modèle popularisé uniquement en France, Adidas la retirera du marché en 2011, malgré les chaines de soutien sur les réseaux sociaux. La voici dès lors « underground », se marchandant aux puces pour 20€.  C’était la mort d’un symbole français, un classique bien de chez nous. Mais tout ça fait partie d’un plan. Adidas a compris que pour que sa réédition se vende, il faut la rendre rare. Il faut la rendre unique. Qu’elle redevienne tendance. Pour se faire ils vont la rendre glamour. Quitte à lui créer de toute pièce, une aura d’icône de la mode. Sa présentation chez « Colette » en septembre 2014 est la première étape. La seconde livraison au même endroit se fera durant la « fashion week », clin d’œil ou coïncidence ? La Stan Smith II, deviendra premium et tout comme les berlines allemandes sont prix gonflera d’un coup. Coup de baguette magique la « souillon » devient « Cendrillon ». Ce coup marketing marquera le véritable essor de cette réédition. Certains dénoncent l’arnaque, d’autres crient au génie. Adidas lui se frotte les mains. Voilà la Stan qui renie son passé pour s’offrir une nouvelle

virginité plus sexy. Coup du chapeau. Tiens, dehors la pluie a cessé, ne me reste plus qu’à enfiler…

My Adidas.

Now the Adidas I possess for one man is rare

Myself homeboy got 50 pair

Got blue and black cause I like to chill.