Nous avons toutes une paire de Sneakers qui nous a marqué, ou qui nous évoque un souvenir…

En effet, la collection « Be Like Mike » doit permettre selon les dires de Brian O’Connor vice-président du marketing de Jordan Brand « aux nouvelles générations de découvrir l’histoire de cette icône du sport ». Comme si personne ne connaissait Michael Jordan. C’est vrai, quoi. Ils vont nous sortir des goodies, chaussures et vêtements aux couleurs Gatorade sous la marque Nike, ainsi que des paires de Jordan VI et XXXII avec la semelle portant la mention Be Like MIKE. Il est certain que cela va parler aux plus vieux qui ont vécu ces spots, où MJ se gave de sa boisson préférée. Mais quid de nos mômes d’aujourd’hui ? La re-masterisation de ces anciens codes va-t-elle dans le bon sens ? Je me dis que chaque génération doit se faire sa propre histoire avec ces modèles remis au goût du jour via de nouveaux colorway ou des séries spécifiques. Je ne partage pas les mêmes codes que mon fils. Lui a grandi avec le téléphone portable, internet, les chaines Youtube, les réseaux sociaux, les tablettes et les ordinateurs portables. L’information est partagée à la vitesse d’un tweet, alors qu’il fallait lire les journaux ou regarder le journal télévisé, pour s’informer. Ses référents ne sont pas les mêmes que les miens et forcément Jordan, Platini, Zidane, Hinault, Borg ou Noah ne peuvent pas le toucher.

Je suis heureux de voir l’essor de la culture sneaker. L’importance grandissante et la place que cela prend, mais je suis contre le fait d’imposer une façon unique de porter sa basket. Chacun doit se créer sa propre histoire, trouver son modèle fétiche. Chacune de mes paires me rappelle un souvenir, bon ou mauvais. Elles me parlent. Je n’achète pas une paire juste parce qu’elle est unique ou jolie. Parce que sa couleur flashy irait bien avec mon nouveau blouson. Non, je l’achète parce que j’ai une connexion avec elle. Ma Uptempo c’est Scottie Pipen, c’est les Bulls, mes débuts dans la pratique du basket ball. Mes Jordan 5 c’est mon ami du lycée. Mes 1 c’est Jordan, les « Red banned », mes Stan Smith me rappelle mon père, le collège Petit Manoir, mes Nike air Zoom flight c’est Jason Kidd etcetera, etcetera. Je ne vais pas toutes les énumérer, mais vous suivez le principe.

READ  L'Hebdo Rudymentaire, où les confessions d'un Sneakers Addict #17

Il est primordial que chacun se fasse sa propre expérience. Comme dirait Max Limol auteur de l’excellent « Culture Sneakers : 100 baskets mythiques » (que je vous conseille), « faire partie d’un groupe, mais être différent ». Son intervention lors de TEDx, pour parler de la culture sneakers est un modèle du genre.

Véritable encyclopédie vivante et référent en tant qu’expert de cette culture auprès de nombreuses marques, connait son sujet sur le bout des doigts. En l’écoutant, je me suis reconnu. J’ai cru être différent et la vérité m’explose à la figure.

La différence, voilà ce qui devient, dans notre société actuelle, un « plus ». Alors oui, nos parents ont tendance à nous fait croire que nous sommes merveilleux et uniques. En grandissant, on découvre qu’au final nous avons beaucoup de points communs avec les autres personnes de notre génération. Avec les copains de classe. Devenu adulte, avec nos amis. Finalement, nos valeurs inculquées par la génération précédente sont les mêmes à peu de chose près. Un choc pour moi, enfin pas vraiment, car cela m’a rassuré. Je ne suis pas un extraterrestre, juste un des nombreux enfants de la génération « Jordan ». Il ne faut pas se le cacher, il a bouleversé notre façon d’appréhender la vie. Il est devenu un symbole. Max Limol en parle mieux que moi. Comme il le dit « notre génération a vécu la genèse de La culture sneaker ». Cette dernière se nourrit d’un beau mélange entre la ALL STAR de Converse, Run DMC, Michael Jordan, le hip hop, le streetwear, la mode, le sport, la rue et nos propres convictions. La génération « moutons » qui aime rien de moins que consommer comme tout le monde, n’est pas représentative de ce que je défends. Elle existe, mais ne doit pas devenir l’arbre qui cache la forêt. C’est aussi pour ça que je prends le clavier pour me raconter. Raconter, expliquer et communiquer. Parce que la basket, nos baskets sont un prolongement de notre personnalité. Nos pieds, vos pieds respectez les. Enjaillez les ! Fè yo plézi*!