Je relis ce matin ces mots que j’aligne depuis quelques semaines sur « Son of sneakers ». Bon ce n’est pas déjà de la nostalgie et je n’ai pas vraiment changé d’avis sur le sujet, je suis toujours addict, mais depuis j’ai évolué. J’ai beaucoup appris sur ce qu’est un sneaker addict et sur ce microcosme. Je me suis surtout aperçu que nous étions tous les mêmes devant nos paires de baskets. J’ai compris pourquoi j’avais la réaction de tortue Génial devant une bimbo quand je mate une jolie paire de … sneakers. Cela m’a permis également de comprendre d’où cela venait et surtout pourquoi parfois je camoufle à ma femme, certains de mes achats. Marre de m’entendre dire qu’il n’y a plus de place dans le placard. Même mes collègues s’en mêlent et me demande combien de paires je possède, combien coute la plus chère ? Où je les range ? Les réflexions de mes proches « pourquoi j’en ai autant alors que tu ne possèdes que deux pieds » ? Bref, je me sens du coup comme un homo-nombriliste, qui n’a pensé qu’à lui jusqu’à aujourd’hui, encore maintenant, je ne me focalise que sur ma petite personne si fragile. Faux, je me suis évidemment occupé de ma petite famille. Mes garçons ont quelques paires déjà à leur actif et sont plutôt satisfaits de mes choix. Concernant ma femme, disons que j’ai dû lui expliquer que porter la même paire pour aller faire ses courses, aller courir, se balader en forêt ou à Paris ce n’est pas bien. Ça a été un peu long, mais finalement, j’ai eu gain de cause et elle a accepté d’avoir plus de Trois paires de baskets. Exploit et satisfaction.

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Mais ce qui me plait le plus c’est de pouvoir partager ça tous les mardis avec vous. C’est un plaisir et un privilège que de disserter en votre compagnie. Certes, je me contente de raconter mes aventures ubuesques et parfois improbables, mes coups de cœurs ou mes coups de gueules. D’ailleurs, je viens d’apprendre la fermeture prochaine de Colette, dont j’ai parlé la dernière fois. Tristesse. Haut lieu du parisianisme, je trouve dommage que ce lieu symbolique doive mettre la clé sous la porte. En même temps, j’ai conscience que certains aient du mal à comprendre mon amour immodéré pour les sneakers. Tout comme je peux avoir du mal à comprendre les excès que procure le chocolat chez certaines ou la collection de montres chez d’autres. Bon ok je suis peut-être mal placé pour en parler. Et, je me dis qu’il faut de tout pour faire un monde et qu’on serait plutôt emmerdés si on était tous formatés pareil, avec les mêmes gouts et les mêmes lubies. Pour moi ça fait partie de la richesse de l’humanité que chacun puisse être différent. Tant pis si les « décroissants » me prennent pour un fou épris de consommation. En même temps, je ne suis pas certain que ça leur plairait de faire un camp out pour la dernière de Nike ou faire un tour à la « Son of Sneaker expo ». Mais bon camper en pleine milieu d’une forêt, cultiver son jardin ou construire de mes mains ma baraque, c’est pas trop mon trip non plus. Les légumes auraient une tête trop bizarre et je ne parle même pas de la maison. Nous ne sommes pas non plus que des victimes consentantes de la surconsommation. J’en reviens donc à mon slogan « il en faut pour tous les gouts et c’est tant mieux ».

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Même si à chaque achat c’est comme une impression de déjà vu, mais de complètement différent. A la vue de la paire que tu convoites tu te retrouves absorbé, puis submergé. Comme subjugué par une peinture de Monet ou Renoir et tu restes là pantois, comme scotché. Pour moi, c’est pareil. Tu as face à toi un chef-d’œuvre et tu ne sais pas comment réagir. Tu le regardes. Le visualises. Tu l’admires sous toutes les coutures. L’idée de l’acheter fait son chemin. Tu penses à ta femme qui t’a parlé d’un petit weekend en amoureux. A tes mômes qui souhaitent une PS4. Finalement, tu gardes la tête froide. Tu oublies. Jusqu’à ce que le facteur sonne à ta porte et te demande une signature avant de te tendre une boite rectangulaire. Forcément, on te demande ce que c’est et toi tu expliques qu’il s’agit surement d’une erreur, ou alors ça doit être la boite de chocolats qu’elle avait commandée. Elle a vite compris que c’était bien ma paire de Jordan 4 Pure Money. Le logo Flight m’a trahi. Il faut juste partir du postulat que tu n’arriveras jamais à satisfaire à 100% ce besoin irrépressible qui s’empare de nous à chaque nouvelle sortie. Nous sommes d’éternels insatisfaits. Il faut juste faire avec. Depuis, quand même, j’achète moins et mieux. Bonjour, je m’appelle Rudy et je suis « sneaker addict ».