Parfois les jours passent et l’on ne sait plus pourquoi on appréciait quelque chose.

Comme une vieille maitresse que l’on voit par habitude, plus que par passion. On aime un sport, un club parce que c’est celui qui a éveillé en nous les premières émotions. C’est lui qui nous a fait toucher du doigt la joie et la folie douce d’un soir de victoire. Parce que dans le stade, la ferveur du public nous a pris aux tripes et fait tourner la tête. Tu te retrouves alors absorbé, puis submergé. Tu restes là pantois, comme scotché. Ecoutant et profitant du moment présent où la foule entonne ses chants qui, tu ne le sais pas encore, te marqueront à jamais. Tu sais aussi que ces moments, ne sont qu’une utopie, une vaste illusion incommensurable, mais que tu dois te contenter de ces instants …rares et désuets. Face à la réalité des choses de la vie qui vous rattrapent toujours, ces moments de folie finissent par s’estomper. La passion qui t’avait emmené si haut, te faisant croire que tu étais invincible, s’étiole. La routine s’installe et tu ne la vois plus avec les mêmes yeux. Il n’y a plus la saveur d’avant. Cette odeur si spéciale. On finit alors par la perdre de vue. On prend de moins en moins de nouvelles. On s’éloigne de plus en plus, jusqu’au jour fatal où … Et puis, on ne sait pourquoi, la voici qui redonne des nouvelles. Qui s’invite de nouveau chez toi. Des souvenirs ressurgissent et c’est comme une impression de déjà vu, mais de complètement différent. Ça tourne en boucle dans ta tête. Les chants ressurgissent. Les papillons volent de nouveau au creux de ton estomac. Les abeilles te piquent le cœur. La tension monte crescendo. Les minutes défilent et tu n’arrives plus à gérer tes émotions. Jusqu’à, Jusqu’à, Jusqu’à…la délivrance…
 
Te voilà de nouveau en train rêver. Prêt à faire des folies. Heureusement que je sais raison garder. De fait, je ne suis pas dupe et je ne me laisse pas entrainer par l’atmosphère qui m’entoure. L’euphorie gagne pourtant les rues. Un horrible brouhaha monte… crescendo. Certes, j’ai envie d’y croire, mais je sais, je sais pertinemment que nous n’y arriverons pas. Je ne peux croire à la victoire, pourtant la date de la finale approche et mon ancien amour revient frapper à ma fenêtre. Le compte à rebours est lancé. Me voilà attiré, mais je me dois de résister. Ne pas succomber encore une fois. Ne pas se laisser abuser, pour ne pas souffrir. Les précédentes déceptions sont encore fraiches dans ma mémoire. Je ne peux accepter de vivre d’autres jours sans. D’autres tourments. Je ne me veux plus martyr et laissé pour compte. J’ai mis une stratégie en place pour ne pas connaître cette affliction. Pour cela, le jour « J », je me dois de fuir tous les écrans, m’éloigner du moindre quidam qui souhaiterait m’aider. Je m’isolerai du monde extérieur afin de ne pas savoir. Le savoir est une arme dangereuse à ne pas mettre entre toutes les mains. Je sais que ce n’est que momentané et que je risque de faillir.

READ  La Folie Sneakers - BFM TV

Mais je n’ai pas le choix. Je sais que Jordan lui-même condamnerait ma couardise, mais aux grands mots … les maux tiens si on en parlait. Omniprésents depuis quelques mois, ils me laissent sans répit. Aucun armistice, je combats nuit et jour mon addiction. Sans savoir si demain je vaincrais. De Paris à Marseille en passant par Lyon tous auront les yeux rivés sur le même évènement. Mai, mois des finales. Egalement, mois anniversaire où Paris voyait des jeunes saccager ses rues pour battre le pavé pour l’offrir aux CRS. Avec beaucoup de véhémence j’en conviens. 50 ans après rien ne semble avoir changé. « Le passé n’est pas mort, il n’est même pas passé », disait un écrivain dont je tairai le nom. On pourrait croire à une formule alambiquée, mais il n’en est rien. Non pas que le passé est un éternel recommencement.  Non ! Il est juste une question de relativité. Ce qui semble être ne l’est peut-être déjà plus ou pas encore, car dans le quantum espace-temps on peut ne pas avoir été, le temps n’existant pas. Du coup, je ne sais plus à quelle heure se joue mon avenir. Néanmoins je sais que le 12 mai, jour de finale je ne me suis pas laisser faire et la Track Red Air Jordan I n’avait qu’à bien se tenir car la bataille était féroce.