Je n’ai pas vraiment de héros. Des « rôle modèles » certes, mais pas de véritable icône à copier.

J’en ai juste tiré l’inspiration, pour mon jeu au basket, ou pour ma vie au quotidien. J’ai d’ailleurs depuis mon enfance été bercé par les exploits de sportifs de tous horizons ; le sport faisant partie de mon ADN. J’aurais adoré participer à une olympiade, juste pour ressentir de l’intérieur ce que cela représente. Evidemment mon amour immodéré pour le sport m’a amené aux chaussures de sport. Je les ai usées sur les parquets et sur le bitume, aujourd’hui je les préserve du mieux possible. Néanmoins, quand j’y repense certains évènements sportifs m’ont fortement marqué. Ils m’ont servi d’heureuse inspiration, me soufflant cette résolution spontanée. Cette envie de posséder des sneakers. Pas n’importe quelles sneakers, hein ? Mais le mieux c’est de vous raconter ces histoires.   

Roland Garros 1988. Un ado de 18 ans arborant une magnifique crinière blonde peroxydée fait son entrée sur le court central. Le petit monde policé du tennis est en train de vivre une véritable révolution, mais ne le sait pas encore. « So shocking ! ». Ce gamin en short en jean délavé, polo blanc bien trop grand pour lui et air trainer aux pieds, renvoie la balle avec violence à grand cri. André Agassi détonne sur la terre ocre. Le kid de Las Vegas vient de lancer sa légende à Paris. Son tennis fait de glissades et gros coups droits, a été façonné à l’académie de Nick Bollettieri. Il est à l’aube d’une énorme carrière qui le verra remporter tous les titres majeurs du tennis mondial. Mais en ce jour de mai 1988, c’est son look qui fait parler, plus que son palmarès.

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Cette tenue assez sobre finalement quand on connait la suite, va marquer les esprits. Jusqu’à présent les tenues pour s’adonner à la pratique de ce jeu de raquette étaient assez limitées esthétiquement parlant. Souvent blanches, neutres et ternes. On s’autorisait parfois un peu de couleurs, comme sur le polo coq sportif de Yannick Noah en 1983. Ou ceux de Wilander, quelques rayures à la Mc Enroe ou Björn Borg, mais rien de vraiment excentrique.

Les années 80 ont vu l’émergence de nouveaux joueurs, qui vont permettre au tennis de s’ouvrir et de se populariser. Jusqu’à présent sport élitiste, réservé aux enfants de bonnes familles ayant les moyens de se payer l’équipement, les cours et les coachs. Le tennis va s’ouvrir de plus en plus et les académies vont aider à accentuer cet essor. Comme celle de Bollettieri ou d’Arthur Ashe. Mais une fois encore la marque au swoosh va être un précurseur et apporter sa pierre à l’édifice. Nike va surfer sur la vague Agassi, signé dès ses débuts professionnels en 1986, pour la modique somme de 20.000$. La marque au swoosh apportera un vent de fraîcheur à la discipline. Après le short en jean de 88, va suivre le collant rose et flashy sous le short en jean noir. Sans oublier les Nike air tech Challenge, (pour moi) juste les plus belles chaussures de tennis de tous les temps. Véritable rock star à ses débuts, Agassi attendra 1999 pour enfin soulever le trophée à Roland Garros.

Soit 12 ans après sa 1ere apparition à la Porte de Saint Cloud. Lui qui a toujours été soutenu et apprécié par le public parisien. Son short en jean pour symbole, ce joueur pas comme les autres marquera à jamais l’épreuve et l’époque. Comme quoi, l’habit ne fait pas le moine et ne présagera jamais du talent de celui qui le porte. 

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Utah 11 juin 1997, Game 5 NBA Finals. Les bulls sont à deux doigts de voir cette finale leur échapper. En effet, l’équipe de MJ et Pippen vient de perdre deux matchs de rang au Delta Center, antre de Jazz de Malone et Stockton. Voici que se profile le 5eme match et la veille Jordan est resté cloué au lit par une intoxication alimentaire. Le risque ne pas voir la star chicagoan sur le parquet est grand, mais MJ n’est pas tout à fait comme les autres et puis ne l’oublions pas, c’est une finale NBA. Malgré la déshydratation, les douleurs abdominales et la fièvre, Michael arrive à la salle 3h avant le coup d’envoi. 1h30 avant le « tip off », Pippen ne croit pas que son capitaine pourra jouer.

Malgré son état, Jordan est bien là au coup d’envoi. On ne le sait pas encore, mais il va ajouter un nouveau chapitre à sa légende. « The Flu game is born ». Jordan ce jour-là va aller au-delà de la douleur, de l’épuisement. Une fois encore il repart au combat pour porter son équipe. Oh rien de bien nouveau me direz-vous, mais à -13 à la fin du 1er QT, personne dans la salle d’Utah n’ose parier un dollar sur ce Jordan à l’air exténué et apathique. Jordan fait figure de proie facile. Pour l’une des premières fois dans sa carrière, il semble fragile, humain …. Presque normal. On ne le reconnait pas. Il est apathique et amorphe. Pourtant, his airness va  remettre sa cape de super héros. Il va ramener ses hommes dans le match à lui tout seul. Porter par un regain d’énergie sortie dont ne sait où. Back in business, les champions en titre égalisent.

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A ses pieds trônent les « Jordan 12 noir et rouge ». Elles seront à jamais associées à ce jour où la star des Bulls démontre toute l’abnégation et la force de caractère qui le caractériseront tout au long de sa carrière. L’immense Phil Jackson son coach dira « …c’est la plus grande performance de Michael que j’ai vue. » Scottie Pippen rajoutera à la fin du match  que ce soir-là il aura compris pourquoi MJ est le plus grand. Le mot de la fin pour MJ qui déclare himself : « C’est probablement la chose la plus difficile que je n’ai jamais faite. Si on avait perdu j’aurais été dévasté ». Et Jordan devint légende.